Mois de l'Europe 2017 - Dossier spécial
Parlement européen

Européennes 2014 : les partis français se préparent pour une nouvelle campagne

Parlement européen de Strasbourg

Après les élections municipales et le (long) remaniement du gouvernement et du Parti socialiste, la campagne pour les Européennes s’apprête à réellement commencer en France. Certaines formations politiques ont composé leurs listes il y a des mois. D’autres sont encore en train d’en discuter. Touteleurope.eu fait le point sur la campagne et présente les principales têtes d’affiche, à moins de deux mois du scrutin.

Front de gauche : les listes de la discorde

Au sein du Front de gauche, les querelles habituelles entre le Parti de gauche et le Parti communiste français – ses deux principales composantes – n’ont pas épargné la constitution des listes pour les Européennes. Après de longues tractations, sur l’attribution des "meilleures circonscriptions", Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent se sont finalement entendus. L’Ile-de-France, le Nord et le Sud-est reviennent au PCF, qui présente des eurodéputés sortants : Patrick Le Hyaric, Jacky Hénin et Marie-Christine Vergiat (non-encartée). Le Parti de gauche fera quant à lui campagne dans le Sud-ouest, où Jean-Luc Mélenchon sera en première ligne, dans le Centre, avec Corinne Morel-Darleux et dans l’Est avec Gabriel Amard. La dernière circonscription de France métropolitaine revient au parti Ensemble et Myriam Martin sera tête de liste.

En début de semaine, Olivier Besancenot, pour le compte du Nouveau parti anticapitaliste, avait tenté un rapprochement, jugé trop tardif pour le Front de gauche. Liêm Hoang-Ngoc, actuel député européen socialiste, avait également été pressenti pour conduire une liste du Front de gauche après avoir été écarté par le PS, mais il n’en est finalement rien.

Les Verts déjà en marche

Les têtes de listes des écologistes français sont quant à elles connues depuis le 14 décembre dernier. En figure de proue, José Bové, chef de file dans le Sud-ouest et candidat des Verts européens pour la présidence de la Commission en binôme avec l’Allemande Ska Keller. En Ile-de-France, en dépit de bisbilles avec Cécile Duflot, c’est Pascal Durand, ancien secrétaire général du Parti, qui mènera la liste verte, accompagné par Eva Joly en deuxième position. Dans l’Est, le Nord, l’Ouest et le Sud-est, quatre eurodéputés sortants ont été désignés têtes de listes, avec respectivement Sandrine Bélier, Karima Delli, Yannick Jadot et Michèle Rivasi. Pour la circonscription du Centre, Clarisse Heusquin, plus jeune tête de liste française (25 ans), a été désignée.

Des listes socialistes revues à l’aune des Municipales

Les résultats des Municipales n’auront pas été sans conséquences sur la campagne des socialistes pour les Européennes. Vu comme l’un des responsables de la défaite après deux années en demi-teinte passées à la tête du PS, Harlem Désir a été l’un des principaux intéressés du remaniement. Eurodéputé au bilan contesté, notamment en raison de sa faible assiduité, il est "promu-sanctionné" au secrétariat d’Etat aux Affaires européennes et entre donc pour la première fois au gouvernement. Harlem Désir, choisi comme tête de liste en Ile-de-France, doit donc être remplacé. Le nom de Vincent Peillon, pourtant chef de file dans le Sud-est, a été avancé puis démenti par l’intéressé. La gauche devrait se prononcer rapidement et pourrait simplement choisir l’actuelle deuxième de liste, Pervenche Berès, députée européenne depuis 1994.

Dans les autres circonscriptions, le PS a alterné entre nouvelles personnalités et eurodéputés sortants. Parmi ces derniers figurent Gilles Pargneaux, qui se représente dans le Nord, et Isabelle Thomas, qui conduira la campagne de la gauche dans l’Ouest. En revanche, Virginie Rozière, représentant le Parti radical de gauche, a été désignée dans le Sud-ouest, Jean-Paul Denanot, actuellement député français, affrontera Brice Hortefeux dans le Centre, et Philippe Le Constant sera tête de liste en Outre-mer. Mais c’est bien la nomination du syndicaliste Edouard Martin en tant que chef de file dans l’Est qui a provoqué le plus de remous. La "prise de guerre" du PS oblige en effet Catherine Trautmann, ancienne ministre et quatre fois députée européenne, à se contenter de la deuxième position.

L’Alternative joue la carte de la continuité

Fruit du rapprochement entre le Modem de François Bayrou et de l’UDI de Jean-Louis Borloo, l’Alternative est l’alliance du centre pour les élections européennes. L’accord conclu entre les deux partis prévoit quatre têtes de liste pour le Modem : Marielle de Sarnez en Ile-de-France, Sylvie Goulard dans le Sud-est, Nathalie Griesbeck dans l’Est et Robert Rochefort dans le Sud-ouest. Ces quatre personnalités sont, avec Jean-Marie Cavada, n°2 en Ile-de-France, tous des eurodéputés défendant leurs sièges. L’UDI sera quant à elle en charge de faire campagne dans le Nord, avec Dominique Riquet en chef de file, dans le Centre avec Sophie Auconie, et dans l’Ouest avec Jean Arthuis. Ce dernier, ancien ministre de l’Economie et des Finances d’Alain Juppé, est la seule tête de liste de l’Alternative à ne jamais avoir été député européen auparavant.

L’UMP offre une seconde chance aux vaincus des dernières Législatives

A l’image de la gauche, l’UMP a fait le choix d’envoyer un nombre important de nouvelles personnalités pour les élections européennes de 2014. Alain Lamassoure en Ile-de-France, Alain Cadec dans l’Ouest, Brice Hortefeux dans le Centre et Maurice Ponga en Outre-mer, sont les seuls eurodéputés sortants à se trouver têtes de listes. En effet, la droite française a pris soin de "recaser " plusieurs vaincus des dernières Législatives. C’est le cas de Michèle Alliot-Marie, plusieurs fois ministre, qui sera candidate dans le Sud-ouest, de Nadine Morano dans l’Est et de Renaud Muselier dans le Sud-est. Par voie de conséquence, nombreux sont les eurodéputés sortants à devoir se contenter de deuxièmes places. Cela concerne par exemple Arnaud Danjean dans l’Est ou encore Françoise Grossetête dans le Sud-est, qui siège pourtant au Parlement européen depuis 1994.

Par ailleurs, il est à noter que les luttes de pouvoir internes à l’UMP ne se sont pas totalement estompées pour l’établissement des listes. Jérôme Lavrilleux, proche de Jean-François Copé sera ainsi en première ligne dans le Nord, notamment pour contrer Marine Le Pen. Tandis qu’Henri Guaino, ancien membre du cabinet de Nicolas Sarkozy, a d’ores et déjà annoncé qu’il ne pourrait soutenir la campagne d’Alain Lamassoure, dont il ne partage pas la sensibilité "trop pro-européenne".

Le Front national sur la dynamique des Municipales

Pour le Front national, l’objectif est double pour les élections européennes : prolonger le succès des Municipales et obtenir le meilleur score au niveau national. Pour ce faire, le Parti a, dans une large mesure, placé ses principales personnalités en têtes de listes. Marine Le Pen se présente ainsi dans la circonscription du Nord. Son père, Jean-Marie Le Pen, cherchera à obtenir un septième mandat européen consécutif en menant la liste du Front national dans le Sud-est. Florian Philippot, proche de la victoire pour la mairie de Forbach, se présente dans l’Est, alors que Louis Aliot dirigera quant à lui la liste du Front national dans le Sud-ouest, où il aura à affronter Jean-Luc Mélenchon. Bénéficiant d’une notoriété moins importante, les autres têtes de listes du Front national sont Aymeric Chauprade en Ile-de-France, Gilles Lebreton dans l’Ouest, Bernard Monot dans le Centre et Marie-Luce Brasier-Clain en Outre-mer.